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ITINERAIRE
2 : Quiberon - Concarneau : 175 kms |
Quiberon
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Carnac |
D186, D768, D781 |
Pluvigner |
D119, D186, D16 |
Camors |
D16, D779 |
Baud |
D779 |
Quistinic |
D3, D156 |
Calan |
D159, D23, D2, D145,
D102, C01, C3 |
Pont Scorff |
D113 |
Quimperlé |
D26, D62, D765 |
Bannalec |
D765 |
Concarneau |
D4, D22 |
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J'ai
une affection particulière pour le nord de la Bretagne avec ses côtes
accidentées, ses abers, ses falaises mais le sud a de beaux arguments
avec ses îles, ses plages de sable fin, son climat plus clément.
Sauf à rouler le nez dans la bulle il faut compter deux jours pour
profiter de cette balade. D'où ces deux itinéraires ponctués d'arrêts
"touristiques" sans lesquels on passerait à côté de ce territoire
remarquable. Mais toi, mon lecteur avide de petites routes et de
sensations fortes, ne désespère pas ! Entre les arrêts, les villages,
les grands sites, tu ne vas pas t'ennuyer : tu pourras t'éclater sur de
la petite départementale viroleuse, voire sur quelques routes à chèvres
mais aussi sur de beaux rubans rapides... avec un bonus : la route de la
côte sauvage de la presqu'île de Quiberon, sur laquelle jadis, j'avais
tapé l'arsouille avec une bande de fondus. Le premier itinéraire
commence à Concarneau. C'est le moins long et celui qui comprend le plus
d'étapes touristiques. Evidemment, on visitera la "Ville close", qui est
le coeur historique de la ville. Du 13ème siècle à la Révolution
Française, Concarneau est une place fortifiée qui subit de
nombreuses guerres : celle de 100 ans contre "la perfide Albion" ; sa
reconquête par Du Gesclin ; les conflits entre le royaume de France et
la Bretagne ; les guerres de religions évidemment et pour finir, c'est
Vauban, comme toujours, qui fera de cette ville close une citadelle
redoutable. Après la Révolution Française, la ville se transforme et
s'étend au-delà des fortifications. Aujourd'hui la "Ville close" a été
colonisée par des boutiques, des bars, des restaurants. On peut y
visiter un remarquable musée de la pêche. La visite terminée, on
s'extrait de Concarneau par la D122 et la D24 pour un premier arrêt à
Pont-Aven. Pont-Aven, ça n'est pas seulement le film les "Galettes de
Pont Aven" avec Jean-Pierre Marielle, Andréa Ferréol... C'est surtout la
cité des peintres dont Gauguin qui avait fondé le groupe post-impressionniste : "l'Ecole de Pont-Aven". Ami de Van Gogh, ils
peignent ensemble mais entrent en conflit quand Gauguin peint
son tableau "Van Gogh peignant les tournesols", une dispute suffisamment
sérieuse pour que Van
Gogh se tranche l'oreille avec son rasoir ! A voir à Pont-Aven : des
galeries d'Art, évidemment ; la place principale ; la rivière Aven qui
la traverse ; le parcours des passerelles ; des lavoirs anciens ;
quelques belles maisons typiques. Selon l'heure on peut
poursuivre jusqu'à la vallée du Belon pour déguster un plateau de fruits
de mer chez "Jacky". Je recommande... mais en saison, mieux
vaut retenir ! Les huîtres étant digérées, on file sur le Pouldu, une
petite station balnéaire mondialement connue grâce à Gauguin puis
on remonte plein nord sur Quimperlé via la forêt de Carnoët. Quimperlé
est une ville qui a également été fréquentée par des peintres. La
comédienne Sarah Bernhardt y avait passé sa prime enfance. C'est
une ville importante qui peut s'enorgueillir de posséder un beau patrimoine : un
quartier ancien avec des rues et des demeures du moyen-âge ; dans le
quartier haut, l'église de l'Assomption ; l'hôpital médiéval Frémeur
récemment restauré et qui retrace ses 700 ans d'existence dans une
remarquable exposition ! En quittant Quimperlé, histoire de
nettoyer ses bandes de peur, on oublie le tourisme et on passe la deuze
pour 65 kilomètres de petites départementales, qui nous transportent
jusqu'à la ria
d'Etel. C'est un bras de mer qui pénètre profondément les terres et qui
abrite des petits ports et de nombreux parcs à huitres. On peut s'y
attarder... ou pas. Pour ma part, je décide de zapper Etel et de rallier
Quiberon par la côte sauvage. Les paysages sont somptueux et la route
ondule entre criques, gouffres, falaises, plages de sable blanc, mer de
couleur émeraude. Mais attention, cette route n'est pas une piste et
contrairement à moi dans ma folle jeunesse, il est préférable de ne pas
se laisser griser par l'envie d'en découdre : vu les bas-côtés, les
sorties de routes ne pardonnerait pas. Les spots que je préfère dans
cette presqu'ile : la
pointe du Percho ; l'arche de Port-Blanc-Roche-Percée ; la Pointe de
Conguel ; Port-Haliguen. A ce stade de l'itinéraire, normalement on
est en fin de journée et il est temps de chercher un toit pour la nuit !
A titre indicatif, j'avais trouvé refuge du côté de Carnac dans une
charmante maison d'hôte : "les Chaumières de Kerimel", à 6 kilomètres de
Carnac.

Pour la seconde
partie de la balade, puisqu'on est aux portes de Carnac, une
déambulation matinale dans les célèbres Alignements s'impose ! Un tel
nombre de Menhirs est tout bonnement hallucinant. Avec près de 3000 pierres
dressées, c'est le plus important site mégalithique au monde ! Les
archéologues considèrent qu'ils auraient été dressés entre 3000 et 4000
ans avant J-C. Calendrier géant pour l'agriculture ? Calendrier
astronomique ? Nul ne le sait vraiment. Une légende raconte que des
nains farceurs d'une force exceptionnelle auraient déplacé des pierres
pour créer ces alignements ! Une farce ! Pour l'essentiel, le retour
vers Concarneau s'effectue sur des départementales qui ne devraient pas
déplaire aux bouffeurs de bornes jamais rassasiés ! Mais sur le chemin du
retour, pour les autres, les touristes à moto : la ria d'Etel et/ou Quimperlé si on y est passé en coup de vent. Au nord de Carnac, juste
avant Camors on traverse la forêt de Florange dans laquelle sont érigés de
nombreux monuments mégalithiques. La Bretagne étant une terre de
légende, on raconte qu'en 1727 dans ce village de Camors, trois enfants
furent pris de convulsions et... aboyèrent mais qu'après avoir fait le
tour d'une église à l'occasion d'une procession, ils furent
miraculeusement guéris ! Pendant et plusieurs années après la révolution
française, la forêt de Camors avait été un refuge pour les chouans.
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